Johnny Hallyday au cinéma: une longue carrière inégale

Il a interprété des gangsters, des détectives et de nombreux rockers: le chanteur français Johnny Hallyday a aussi eu une longue carrière au cinéma, de Clouzot dans les années 50 jusqu'à Lelouch tout récemment, en passant par Godard, sans pour autant avoir de rôles véritablement marquants.

Monument national décédé dans la nuit de mardi à mercredi, "Johnny" avait tourné "Chacun sa vie" en quatre semaines avec une pléiade de célébrités, dont Jean Dujardin. C'était son troisième film avec Claude Lelouch après "L'aventure c'est l'aventure" en 1972, et "Salaud on t'aime" en 2014.

C'est d'ailleurs avec "L'aventure c'est l'aventure" qu'il avait été pour la première fois au festival de Cannes. Il y retournera deux autres fois, pour "Détective" de Jean-Luc Godard en compétition en 1985 et pour "Vengeance" en 2009, un polar du cinéaste hongkongais Johnnie To.

Hallyday avait un peu de plus de dix ans et s'appelait encore Jean-Philippe Smet quand il est apparu parmi les pensionnaires de la fameuse institution Delasalle dans "Les Diaboliques" d'Henri-Georges Clouzot en 1954.

Devenu adulte et célèbre, il a partagé la vedette ou incarné le personnage principal dans des comédies musicales ou des comédies tout court qui n'ont pas marqué les mémoires comme "D'où viens-tu Johnny?", western camarguais où il campe un chanteur mêlé à une affaire de drogue, ou plus tard "Wanted", aux côtés de Gérard Depardieu, Harvey Keitel et Renaud.

Plus étonnant, le réalisateur de westerns spaghetti Sergio Corbucci lui a offert le rôle d'un pistolero à la Clint Eastwood dans "Le spécialiste" en 1969. Une série B, qui ne s'appuie pas sur son statut de chanteur contrairement à la plupart des films dans lesquels il a tourné.

Et c'est l'inspecteur Harry qui lui sert de modèle pour son rôle de flic au look de "biker" dans la série télévisée "David Lansky" (1989). "La carrière d'Elvis au cinéma ressemble à mes débuts. On ne me confiait que des merdes (...) Elvis restait un rocker aux Etats-Unis, comme moi en France", a confié un jour le chanteur au magazine du Monde.

Mais Hallyday a aussi tourné avec de grands noms du 7e art à commencer par Jean-Luc Godard qui lui a offert dans son film noir "Détective" un rôle d'organisateur de combats de boxe aux prises avec la mafia. Salué par la critique, ce rôle a donné à sa carrière d'acteur une nouvelle épaisseur. En 1986, il est devenu perceur de coffres-forts dans "Conseil de famille" de Costa-Gavras, avec Fanny Ardant.

Pour Patrice Leconte, il a incarné un gangster raté et usé dans "L'homme du train", sélectionné à la Mostra de Venise en 2002. Sa prestation lui vaut de nombreux éloges mais surtout en 2003, à l'âge de 60 ans, le prix Jean-Gabin saluant le meilleur espoir masculin du cinéma.

En 2005, il joue de son statut d'idole dans la comédie "Jean-Philippe" de Laurent Tuel aux côtés de Fabrice Luchini. Pour ce film, il redevient Jean-Philippe Smet dans un monde où personne ne connait Johnny Hallyday.

S'amusant encore et toujours de son image de vieux rocker, il distille des conseils sur la vie à un Guillaume Canet (également réalisateur du film), en pleine crise de quarantaine dans "Rock'n roll" (2017).
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