Le groupe californien Metallica a été récompensé mercredi par le Polar Music Prize. Un institut de musique afghan d'où est issu le premier orchestre 100% féminin de ce pays déchiré par la guerre a aussi été primé.

Les lauréats recevront chacun un million de couronnes (101.000 euros ou 125.000 dollars) lors d'un gala télévisé à Stockholm le 14 juin en présence du roi Carl XVI Gustaf.

Récompensé, le batteur du groupe de heavy metal Metallica Lars Ulrich, né au Danemark, a qualifié le Polar Music Prize de "grande reconnaissance de tout ce que Metallica a fait depuis 35 ans". "En même temps, nous nous sentons tout jeunes avec encore un tas de bonnes années devant nous", a ajouté Lars Ulrich à propos du groupe qui a sorti en 2016 son dixième album studio, "Hard Wired ... to Self-Destruct".

L'institut national afghan de musique (Anim) est l'autre lauréat de l'année. Fondé en 2010 par Ahmad Sarmast et soutenu par la Banque mondiale et des bailleurs internationaux, cette école enseigne tant la musique afghane qu'occidentale à des enfants pour beaucoup pauvres, orphelins et/ou travailleurs des rues. Il a lancé en 2016 la formation symphonique féminine "Zohra" qui s'est produite pour la première fois à l'étranger au forum de Davos (Suisse) en janvier 2017, pour un concert composé uniquement de classiques afghans.

Ahmad Sarmast, musicologue et trompettiste, a échappé à un attentat-suicide en 2014 à Kaboul alors que la musique reste souvent considérée comme une déviance déshonorante, a fortiori pour des femmes, dans ce pays en guerre depuis des décennies.

"Nous pensons que nos deux lauréats, quoique venus de deux mondes très différents, illustrent la mission du Polar Music Prize qui est d'honorer les musiciens et les organisations musicales qui changent la donne", a déclaré dans un communiqué Marie Ledin, directrice générale du prix.

Considéré comme le Nobel de la musique, le Polar Music Prize a été créé en 1989 par le défunt Stig Anderson, connu pour avoir été le manager du groupe suédois ABBA, et il récompense chaque année deux lauréats qui ont su "briser les frontières musicales en réunissant les gens venus des différents mondes de la musique".